Berges

Les berges d’une rivière participent à l’équilibre naturel et à la valeur écologique du cours d’eau. A l'interface entre milieux aquatiques (trame bleue) et milieux terrestres (trame verte) mais aussi entre milieu naturel et occupation humaine, les berges méritent toute notre attention.

La berge d’un cours d’eau constitue l’interface entre eau et terre / entre milieu naturel et occupation humaine. Elle  se retrouve ainsi au cœur de nombreux enjeux concernant la  rivière (inondation,  richesse écologique, loisirs…) et l’aménagement (digues, routes, réseaux, urbanisation, agriculture…).

Même si l’homme cherche à les stabiliser, notamment depuis l’apparition de la propriété privée, par nature, les berges évoluent dans le temps : érosion, dépôt, développement de la végétation…

Autrefois l’entretien naturel des cours d’eau, et notamment des berges, se faisait grâce aux nombreuses activités humaines qui en dépendaient. Aujourd’hui, cet entretien a été oublié par les riverains, ce qui provoque à terme des problèmes pour le bon fonctionnement des Sorgues et des usages associés.

Cet entretien doit respecter les équilibres naturels de la rivière, en préservant les richesses biologiques, les fonctions paysagères, les fonctions de loisir… tout en tenant compte des spécificités et enjeux de chaque bras de Sorgue (voir la partie « Réhabiliter les berges de la Sorgue »).

Les berges peuvent être classées suivant 3 catégories pour lesquelles les enjeux diffèrent :

  • les berges naturelles ;
  • les berges artificielles endiguées ;
  • les berges artificielles maçonnées ou enrochées.

Les berges naturelles

La zone d’écoulement de l’eau, appelée « le lit de la rivière » est en très forte connexion avec les berges. Il est ainsi primordial que les berges restent au maximum naturelles pour assurer les fonctions écologiques remarquables de la rivière.

Naturelles, les berges jouent de nombreux rôles fondamentaux pour le système complexe qu’est la rivière :

  • transition écologique, elles abritent à la fois des espèces aquatiques, des espèces des milieux adjacents et des espèces rivulaires, à qui elles fournissent caches, nourriture et ombre ;
  • leur végétation, la ripisylve, permet de filtrer les pollutions arrivant du bassin versant ;
  • elles constituent une 1ère barrière contre les débordements en période de crue ;
  • elles participent au transport de particules solides (sables, limon, gravier…) propre à chaque rivière, jusqu’à la mer ;
  • élément important du paysage, elles permettent des loisirs tels que promenade, pêche, etc...

Les berges sont à l'interface entre la trame bleue et la trame verte et constituent à ce titre des réservoirs de biodiversité ou des corridors écologiques.

Afin de favoriser les différents services qu’elles rendent à la rivière et aux hommes, il est souvent inutile d’effectuer de gros travaux sur des berges naturelles. Chaque cas doit être étudié indépendamment, en fonction de l’état réel des berges, des enjeux et problématiques du secteur concerné (voir la partie « Réhabiliter les bergers de la Sorgue »).

Les berges artificielles endiguées

Le contexte particulier de la plaine des Sorgues en tant qu’ancien marécage a impliqué l’endiguement des berges sur la partie aval de la rivière.

Sur une partie des Sorgues, les berges ont été endiguées. Cette rehausse artificielle de la hauteur des berges permet de limiter les inondations en cas de crues faibles à moyennes ou d’amener l’eau de la Fontaine en dehors du bassin versant naturel des Sorgues (voir la partie sur le Canal de Vaucluse).

Sur ces secteurs, afin de protéger des zones habitées, les collectivités peuvent entreprendre des opérations de restauration, consolidation, voire de réfection complète de la berge (voir la partie « Réhabiliter les berges de la Sorgue »).

La protection des digues et la régulation des ragondins

Une cause récurrente de la dégradation des digues est le creusement de terriers des ragondins, espèce envahissante et nuisible. Les dégâts causés peuvent générer des coûts élevés de restauration de berges : suite à la crue de décembre 2003, plus de 180 000 euros de travaux ont été nécessaires.

Pour trouver une solution durable au problème, le Syndicat Mixte du Bassin des Sorgues a fait réaliser un inventaire des populations de ragondins sur les cours d’eau endigués du territoire et mène depuis 2006 des opérations permanente de piégeage.

Les berges artificielles maçonnées ou enrochées

Afin de stabiliser certaines berges, en zone urbaine principalement, la nature a fait place à des « murs-berges » maçonnées ou enrochées.

 

En zone urbaine principalement, les berges ont dû être stabilisées pour permettre le développement des habitations et des infrastructures. Elles ont été artificialisées et leur rôle se limite généralement à contenir la rivière.

Dégradées, ces berges nécessitent parfois des travaux (voir la partie « Réhabiliter les berges de la Sorgue »), qui pourront être associés à de petits aménagements visant, par exemple, à recréer des caches pour les poissons, ou être l’occasion de valoriser la rivière : création ou réhabilitation d’un chemin piétonnier en bord de Sorgue, mise en place d’un ponton permettant un accès à l’eau, etc.