La flore de bord de rivière, la ripisylve

La végétation des bords de cours d’eau, également appelé « ripisylve », est un élément primordial
pour le bon fonctionnement de la rivière.

La ripisylve : qu’es aquò ?

La ripisylve correspond à la végétation installée sur la berge d’un cours d’eau. Elle est généralement composée de trois types de végétation, nommé « strate » : les plantes herbacées, les arbustes et les arbres.

Cette végétation est indispensable au bon fonctionnement du cours d’eau, en assurant les fonctions suivantes :

  • réservoir biologique, en fournissant cache, abri et nourriture pour la faune ;
  • maintien des berges, grâce aux racines qui retiennent la terre ;
  • ombrage du cours d’eau, qui limite le réchauffement des eaux ;
  • épuration des eaux souterraines, en retenant les engrais épandu dans les champs ;
  • prévention des crues, en dissipant la force du courant et en retenant les matériaux flottants.

La ripisylve des Sorgues

Grâce au fonctionnement particulier de la Fontaine de Vaucluse, elle revêt un caractère atypique en région méditerranéenne. En effet, la ripisylve des Sorgues s’apparente plus à celle d'une rivière au nord de la Loire.

Deux facteurs permettent cette différence :

  • le débit régulier de la rivière, même au plus fort de l’été ;
  • l’absence de crue torrentielle et dévastatrice.

La végétation peut donc évoluer pleinement, et sur de longues périodes.

Pour bien comprendre l’originalité de cette situation, il faut savoir que la végétation naturelle de tous les cours d’eau évolue spontanément, avec plusieurs stades. En région méditerranéenne, après une crue torrentielle, la végétation du lit est « décapée ». Après cette mise à nu, l’ensoleillement important permet à des espèces dites colonisatrices ou espèces pionnières de s’installer : saules et peupliers notamment. Une fois que ces arbres sont développés, l’ombrage fournit ne permet plus à ces espèces colonisatrices de s’installer. Par contre, d’autres essences bénéficie de ces conditions : chêne et orme par exemple. Les arbres installés en premier dépérissent pour laisser la place à d’autres essences : on dit que la ripisylve évolue vers un stade mature. Sur un cours d’eau méditerranéen, comme l’Ouvèze par exemple, la végétation n’a pas le temps d’évoluer. Elle est systématiquement décapée par les crues pour un retour à la case départ. De plus, les assecs en été limitent son développement.

Sur les Sorgues, les boisements ont donc pu évoluer librement. Dans certain secteurs, le stade ultime d’évolution peut s’observer, avec des ripisylves composées de chêne et d’orme.

Les principales espèces de la ripisylve des sorgues

Les essences naturelles d’arbres et d’arbustes les plus présentes sont les suivantes :

·       l’aulne Glutineux

·       le frêne oxyphile

·       l’orme

·       le peuplier blanc

·       le peuplier noir

·       le saule banc

·       le saule cendré

·       le saule pourpre

·       le noyer

·       le chêne pédonculé

·       le noisetier

·       le figuier

·       le cornouiller sanguin

·       le laurier sauce

·       le prunelier

·       le troène

·       le sureau noir

·       la viorne

 

Focus sur le roncier.

Les campagnes massives d’abattage de platanes malades ont engendré des mises à nu des berges. Dans la plupart des cas, une espèce des milieux découverts colonise spontanément la berge : la ronce. Particulièrement vigoureuse, elle ne constitue qu’une étape dans le développement de la ripisylve. Le roncier permet aux jeunes plants d’arbres de se développer dans son couvert. Une fois émergé, ces arbres contiendront le roncier par leur ombrage. La ronce étant une essence de lumière, elle disparaîtra progressivement au fur et à mesure du développement des arbres.