Les mammifères aquatiques

La Sorgue abrite plusieurs espèces animales rares, voire protégées (Castor...). Mais d’autres espèces, au contraire, sont considérées comme envahissantes : c’est le cas du ragondin (Myocastor Coypus) et du rat musqué (Ondatra zibethicus Linnaeus).

Les castors

Le réseau des Sorgues héberge une belle population de Castors d’Europe (Castor fiber, à distinguer de castor canadensis qui vit sur le continent Nord Américain).

 

Morphologie

Ce sont les plus gros rongeurs d’Europe. Comme tous les rongeurs, ils sont caractérisés par la présence de deux paires d’incisives, l’absence de canines et une forte musculaire masticatrice.

La silhouette lourde et trapue du castor est caractéristique, tout comme sa queue aplatie, large, en palette écailleuse, velue à la racine seulement. Ses orteils sont palmés : dans l’eau, il nage beaucoup plus gracieusement que ses cousins ragondins et autres rats musqués.

Menacés de disparition au début du XXème siècle à la suite d’une chasse intensive pour sa peau et sa chair, le Castor a lentement recolonisé le Sud-Est de la France à partir de la population survivante du bassin inférieur du Rhône et du bassin des Sorgues !

Aujourd’hui, le Castor est une espèce protégée au niveau national et européen (espèce dite d’intérêt communautaire, concernée par la démarche Natura 2000). Une prospection des bras de Sorgues, fréquentés par les Castors, a été menée en partenariat avec l’ONCFS en mars 2003. Elle a permis de confirmer la présence des rongeurs sur la quasi-totalité du réseau des Sorgues.

Les Sorgues ont constitué une zone de refuge, un réservoir de population pour les Castors. En 1965, trois individus ont été capturés à Fontaine de Vaucluse pour être réintroduits en Suisse dans le Canton de Genève ; ils furent à l’origine d’une nouvelle population de Castors... suisses !

 Habitat

Le Castor s’épanouit dans des eaux courantes ou stagnantes ayant au moins 0,60 mètre de profondeur et entourées de zones arborées et de fourrés. Ces eaux douces ne doivent pas geler jusqu’au fond ni se dessécher entièrement. Les Castors ne construisent que très rarement des barrages sur les Sorgues.  L’habitation favorite du Castor des Sorgues est un terrier creusé dans la berge, dont l’entrée se situe obligatoirement sous l’eau. Si le niveau d’eau baisse, le terrier sera abandonné. Le castor peut également bâtir une hutte faite de brindilles, au dessus d’une chambre centrale dont l’entrée se trouve également sous l’eau. Ces huttes peuvent être utilisées par plusieurs générations de castors qui les améliorent. Mais cette pratique est assez rare sur le réseau des Sorgues.

 

Alimentation

Les castors sont exclusivement végétariens : ils se nourrissent d’écorces de feuilles, de jeunes pousses, d’herbes et d’hydrophytes. On repère facilement ses aires de « pique nique » préférées grâce aux moignons des arbres qu’il abat avec ses dents. Les espèces consommées le plus souvent sur les Sorgues sont le frêne, le platane, l’aulne, le peuplier, l’orme...

 

Les ragondins

 

En raison des dégâts occasionnés par cette espèce sur les digues, les cultures..., les ragondins sont inscrits sur la liste nationale des espèces nuisibles par décret ministériel.  Les populations peuvent de ce fait faire l’objet de prélèvements pendant la période de chasse et être piégées toute l’année.

Le ragondin, une espèce introduite

Le ragondin a été importé d’Amérique du Sud. Son introduction en France date du XIXème siècle, dans le but de l’élever pour sa fourrure. Mais, vers la fin des années 30, une crise économique a touché ce secteur, provoquant la disparition de nombreux élevages. Ainsi, des ragondins se sont enfuis ou ont été tout simplement relâchés volontairement dans la nature.

Depuis, l’espèce a proliféré dans pratiquement toute la France. Elle s’est rapidement adaptée en profitant des conditions favorables : pas de prédateur, un climat tempéré... Les ragondins ont ainsi une grande capacité de prolifération en France.

En France, le ragondin est le deuxième plus gros rongeur après le Castor, qui est d’ailleurs de la même famille. Par contre, le ragondin ne fait pas partie de la même famille que le rat commun, malgré son nom. 

Morphologie

L’espèce est facilement reconnaissable à ses deux longues et impressionnantes incisives orangées, ainsi que sa queue cylindriques et peu poilue. Il peut atteindre un poids de 7 kg, voire plus à l’âge adulte, pour environ 1 m de long.

Aliéné au milieu aquatique, il est pourvu de pattes palmées et d’une fourrure imperméable. De plus, ses oreilles et ses yeux  sont situés sur le dessus de la tête et sont émergés lorsque l’animal flotte ou nage.

Alimentation

Le ragondin est strictement herbivore. Il consomme uniquement des végétaux d’une très large variété (jeunes pousses, jonc, feuilles, racines, cultures en général...), suivant ce qu’il a à sa disposition. Ainsi, il est qualifié d’opportuniste. Toutefois, il s’attaquera de préférence aux cultures (vergers, tournesols, blé...), avec une prédilection pour les fruits. 

Habitat

Les lieux de vie du ragondin sont toujours rattachés à un milieu aquatique (rivières, fossés, roubines, étang, marais...), avec des berges abruptes. En effet, son nid est un terrier dans la berge constitué de plusieurs chambres reliées par des couloirs pouvant s’étendre sur plusieurs mètres. Il peut ainsi fragiliser les digues et créer des voies d’eau en cas de crue.

Reproduction

Grâce à 2 ou 3 portées par an, avec en moyenne 5 jeunes par portée, l’espèce a une grande capacité de prolifération. De plus, les femelles sont capables de se reproduire toute l’année. Ainsi, en deux ans, un couple peut donner une descendance d’au moins 90 individus.

 

Le rat musqué

Le rat musqué est un rongeur originaire d’Amérique du Nord. Il a été introduit en 1905 en Tchécoslovaquie, puis en France pour la production de fourrure et d’élevage. Faute d’une mauvaise reproduction en captivité, l’élevage a été arrêté et des individus ont été relâchés. N’ayant que très peu de prédateurs, l’espèce a rapidement proliféré, jusqu’à coloniser l’ensemble du territoire. Petit rongeur associé au milieu aquatique, il est souvent présent avec les populations de ragondins.

Morphologie

Atteignant un poids de 1 à 1,8 kg pour 26 à 35 cm de corps, il est reconnaissable à sa queue écailleuse aplatie latéralement, bougeant de droite à gauche lorsqu’il nage. Son pelage est brun foncé avec le dessous plus clair. Les pattes postérieures sont larges et palmées, à l’inverse des antérieures. Comme le ragondin, ses yeux et oreilles sont placés au dessus de la tête, les faisant émerger quand il nage.

Alimentation

Le rat musqué consomme des végétaux, mais il ne dédaigne pas la nourriture carnée telle que des grenouilles, des poissons morts, mollusques... Il se nourrit de la végétation des bords de rive, mais, comme les ragondins, il peut attaquer des cultures à proximité (céréales, légumineuses...). En période de carence, il consommera des racines ou l’écorce des ligneux.

Habitat

Toujours associé à un milieu aquatique, il préfère les eaux calmes ou à faible courant. Il a besoin de berges buissonnantes afin de lui fournir nourriture au gîte. Il creuse un terrier dans la berge (15 à 20cm de diamètre), pouvant atteindre plusieurs mètres de long, d’où les dégâts dans les digues. Il peut aussi construire une hutte dans la végétation.

Reproduction

Le rat musqué se reproduit de fin février à fin septembre. Il est particulièrement prolifique, avec 3 portés par an de 5 à 9 petits. De plus, il peut se reproduire dès 3 à 5 mois quand l’individu est sevré.

Lien vers Google image